Semaines 29-30 (oubliez les n° 27-28…) Batoumi-Tbilissi – 582 km

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Tbilissi, 24 juillet 2022

Une semaine dont nous nous rappellerons. Elle a bien démarré, par un lundi humide, nous sommes partis au Nord pour visiter le Dendrological Park de Shekshetili, une ballade de 70 km avec seulement 300 m de dénivelé et des vélos sans bagages. L’humidité à son maximum nous fait regretter d’avoir un sac à dos et pas des sacoches, mais pas de problème, nous gardons le moral. Arrivé au parc, il est fermé, tous les lundi et mardi! Personne ni de notre hôtelier, ni de nous n’a vérifié les horaires. Comment-peut-on en pleine période touristique fermer une attraction aussi incroyable? La réponse dans :(lire notre brève-Dendrological Park un acte manqué).

Nos resterons positifs et profiterons d’une après-midi chaude pour nous baigner dans la mer noire, elle est bleue comme partout, mais effectivement le sable noir et la végétation luxuriante de pins noirs, lui donne certainement cet aspect sombre sur ses abords.

Fort de ce contretemps, nous repartons motivés pour les 2’000 m de dénivelés qui vont nous rapprocher de Tbilissi, et là, nous comprenons que nos avons fait une grosse erreur stratégique de parcours, faute de renseignements fiables et de préparation. (lire ou relire notre brève la route impossible, publiée en semaine 26).

Nous mettrons 2 jours pour arriver dans une région qui n’a pas vu le soleil depuis 10 jours et visiterons rapidement le magnifique jardin Goderdzi Alpin Garden, situé au sommet du col dans un vallon de rêve. Ouvert il y a 1 an, c’est une portion de montagne naturellement arborisée qui est jardinée pour nous montrer la flore endémique, avec une approche la plus moderne, soit une approche naturelle (lire notre brève Goderzi Botanical Garden – le jardin que l’on aimerait avoir à la maison).

Arrivés de nuit, nous réveillons dans cette jolie station de ski, moins fréquentée en été nous explique-t-on. Nous découvrons que nous ne sommes pas seuls ou isolés, mais bien dans un village vivant!

Nous déjeunons dans le petit restaurant tenu par une famille qui monte de Tbilissi chaque année pour y passer l’été. La mère nous sert une omelette fin gourmet au fromage frais et 12 oeufs…Nous savourons ce plat digne de plus grand cuisinier! Sur le mur de sa guingette, des messages du monde entier, de quelques cyclistes aussi, qui ont pu prendre l’ancienne route, certainement plus praticable.

La descente difficile sur 25 km nous permettra, après un changement de freins usés jusqu’à la ferraille, d’atteindre Akhaltshité, une ancienne place forte coiffée d’un château fort en état de conservation total. (Lire notre brève: Alcaciche: le château symbole)

Notre prochaine destination intermédiaire est Borjomi, 3ème ville touristique du pays. La Géorgie, toujours en économie de transition après la proclamation de son indépendance en 1991, mise sur le tourisme, qui constitue aujourd’hui 20% de son PIB.

Nous découvrons une ville encastrée au fond d’une vallée, dominée par d’incroyables gigantesques montagnes, très raides de part et d’autres.

ci-contre, photo de Borjomi – par wikipedia

Nous cherchons la vieille ville que nous ne trouvons pas. A sa place, un gigantesque 5 étoiles rutilant neuf, qui domine une autre partie de la ville, au milieu d’un quartier très populaire. Nous n’avons pas le temps de lever les yeux, que le patron du 5 étoiles vient à notre rencontre. Tout est complet en ville nous dit-il! Ni une ni deux, il nous trouve une petite chambre chez l’habitant, très confortable et plus à notre goût que le 5 étoiles.

Nous partons à la recherche de ce qui fait de cette ville un joyau…Nous marchons longuement, traversant la gare routière et ses petits étales de vendeurs de fruits et légumes, et de nombreux chantiers, la ville est entre ruines, veilles belles demeurs en délabrement, et quelques hôtels grandioses. La ville a été très belle…

Etonnant contraste dans cette ville. La famille Romanov, affiliée à la famille impériale russe, entre 1850 et 1910 environs, aura fait de cette ville une station thermale et touristiques de renommée: Bordjomi possèdent des sources d’eau minérales qui ont été découvertes par l’armée de la Russie impériale dans les années 1820. Elles devinrent célèbres à travers l’Empire russe, faisant de Bordjomi une destination touristique populaire. L’histoire de la marque est associée avec la dynastie impériale russe des Romanov. La famille y a construit une gare, des hôtels, et un somptueux parc. Les puits artésiens de la vallée sont alimentés par l’eau qui filtre depuis les glaciers couvrant les sommets de Bakouriani, à une altitude atteignant les 2 300 m. L’eau jaillit à la surface spontanément, sans avoir besoin d’être pompée, et est transportée par des conduites d’eau jusqu’à deux usines d’embouteillage de la ville de Bordjomi (wikipédia).

Publicité datant de 1929, pour l’eau thermale de Borjomi (source wiki)

La chute du communisme a stoppé l’entretien des infrastuctures et c’est pourquoi nous visitons une ville à rénover…Les nombreux chantiers en cours et hôtels 5 étoiles témoignent d’une envie pressante de revaloriser ce site.

Il suffit de suivre les hordes de touristes venus principalement du Moyen Orient pour arriver aux beautés de la ville: un magnfique parc, son téléphérique et son ancienne usine d’eau minérale, le tout au milieu de milliers de boutiques « souvenirs », d’attractions pour les enfants et adultes. Le contraste avec le reste de la ville est saisissant, un parc d’attraction au milieu de ville, la nature comme mine d’or. Ceci dit, visiter ce lieu hors saison doit être un régal.

Nous mangeons dans le quartier. Russes, ukrainiens, émiratis, quelques allemands…etc. Chacun est soigné, l’offre est adaptée à tous. Café et restaurant Halal pour les uns, vinothèque permettant de déguster les meilleurs vins géorgiens pour les autres. Hôtels grandioses et petits Guest house selon les goûts du touriste. La Géorgie est étonnante, située à la fois en Europe de l’Est et en Asie de l’Ouest, elle a pris le parti de la paix. Les touristes le savent et c’est pourquoi ils y affluent en masse. Chrétienne, la Géorgie affiche, de par son passé, une tolérance religieuse importante et cultive des liens tant avec l’Europe (elle a conclu des accords de libre échanges) qu’avec la Chine, la Turquie et l’Asie en général.

Nous reprenons notre route dès le lendemain pour rejoindre Gori, lieu de naissance de Staline et petite ville dominée par la forteresse médiévale de Goristsikhe. La route est somptueuse. Nous quittons la route nationale surchargée pour prendre des petites routes serpentant entre petits villages et terrains agricoles. En effet, nous traversons des plaines dénotant d’un très fort passé agricole. Sur une route au milieu des champs, nous tombons sur un petite échoppe. Nous profitons de cette aubaine pour acheter notre pic nic favori: yogourt maison pêches, abricots, café turc et pain maison.

Nous apprendrons que la Géorgie a, pendant l’ère soviétique, fourni en vin, fruits et légume Moscou et l’actuelle Saint Petersbourg. La déstanilisation a marqué le démantèlement des fermes propriétés de l’Etat et des fermes collectives. L’agriculture de la Géorgie a perdu en organisation et aujourd’hui, seule une agriculture de subsistance perdure, nourrissant tout de même la moitié des géorigiens. Les quantités d’arbres fruitiers différents, de petites cultures de maïs, pomme de terre, haricots, poivrons, etc. témoignent d’un sol très fertile, d’un grand savoir faire et d’une grande diversité d’arbres fruitiers et autres plantes.

En fin de journée, à l’entrée de la ville de Gori, nous trouvons un Hôtel SPA resort. Nous nous y arrêtons…Nous sommes seuls. La patronne nous installe en catimini, nous indique une boutique pour y acheter un pic nic et s’en va. Pour compagnie, un chien vient nous saluer et tapper causette avec nous. Nous visiterons Gori demain matin matin. Le SPA Resort était ou sera…(17 euros la nuit) mais nous avons à notre disposition une machine à laver qui nous permet de tout laver, l’eau des jours précédents ayant quelque peu humidifié nos affaires. Tard dans la nuit, le fils de la patronne arrive pour y passer la nuit. Il nous offre une bouteille d’un litre de bière..que nous n’arriverons ni à boire ni à emporter tellement elle est énorme!

La découverte de Gori est étonnante, ville en parfait état, maisons entretenues et surtout: visite du musée Staline (lire notre brève: Gori: berceau et wagon de Staline)

A 14 heures, nous entamons notre dernière ligne droite pour atteindre Tiblissi. 85km vent dans le dos, nous avançons sans effort.

Nous croisons sur notre route les « cycling frogs », trois français à vélo, se rendant en Iran, partis de la France pour une année. Joyeux, optimistes, se posant mille questions, nous partageons nos impressions de nos voyages le temps d’une heure. Ayant eux le vent de face, cette halte leur fait du bien….

Nous arrivons vers 18h00, à l’heure de pointe. Nous pédalons nos 20 derniers kilomètres sur une route à 8 voies, pour atteindre cette capitale en pleine efferevescence, reconnue aujourd’hui comme un lieu culturel et festif important. La scène électro y serait meilleure qu’à Berlin et les nuits folles! Nous y passons quelques jours dans cette ville verte (lire notre brêve: Verdure à Tbilissi), le temps de déambuler dans quelques quartiers, dans le jardin botanique, sur les collines arborisées surplombant la ville .

En guise de mise en bouche, quelques images de Tbilissi, mais qui ne peuvent refléter à elles seules l’effervescence et la douceur de vie que dégage cette ville…

Nous commençons notre découverte de Tbilissi avec bains de souffre et massages! la ville regorge de bains, habitude traditionnelle…Un vrai plaisir.

Grâce à une amie d’enfance, Caroline, qui a habité et travaillé à Tbilissi pendant 2 ans, nous sommes guidés dans les meilleures resto de la ville et orientés sur quelques belles curiosités (lire notre brêve: Tbilissi: les bonnes adressses de Caroline).

Heureux d’avoir reçu ces bons conseils, les bons restaurants ne sont pas toujours indiqués ….MERCI CAROLINE!

Nous profitons de cette longue escale pour soigner nos vélos et préparer la suite de notre découverte de la Géorgie…Nous voulons aller découvrir les montagnes, sa flore….

Chez Bikes.ge • ბაიკს.ჯი, nous sommes soignés, nos vélos remis en forme. Le patron est un fou de vélo. Il a d’ailleurs parcouru tout le pays à vélo et connait les meilleures itinéraires qu’il nous offre. Pour les cyclistes qui voudraient se ballader en Georgie, contacter-le! Il organise de superbes sorties et tours, loue des vélos, et répare les vôtres…

Nous avons aimé découvrir Tbilissi, ville dans laquelle nous pourrions vivre…Ayant parcourus à ce jour 5000 km à vélo, nous nous octroyons une semaine de ballade à pied dans les montagnes géorgiennes.

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Alphabet géorgien, de la poésie … source picchio.free.fr

Une réponse

  1. Eh ben : je suis déjà conquise par la Georgie, ça donne trop envie !!!

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