Semaine 8 – Province de Valencia: 365 km de ruralité contrastée

Suivez nos aventures en recevant notre newsletter toutes les semaines, inscrivez-vous en cliquant ici puis renseignez votre nom et email.

La ville de Valencia, nous retient trois jours, nous y flânons à vélo , sans bagage, sans montée, dans un urbanisme adapté aux bicyclettes et aux trottinettes. Cette ville universitaire, technologique, festive, verte, créative, fortement emprunte de traditions, modernité et gastronomie, nous permet d’oublier la navrante traversée de la mer de plastique de la région d’Almeria. Une ville certainement moins monumentale que Séville, moins touristique que Barcelone, mais plus verte que toutes! Nous l’avons adorée!

Valencia est LA ville du cycliste! (lire notre brève: Easy bike). Ville plate, entièrement prévue pour le vélo, l’ensemble des rues de la ville sont aménagées: une piste pour voitures, une piste pour piétons et une piste pour les vélos. Des milliers de ballades existent et sont balisées en ville et dans toute la région! Pour traverser la ville, une piste de 9 km traverse de bout en bout la ville dessinée dans l’ancien lit du fleuve Turia, aujourd’hui aménagé en un immense parc richement arborisé, le jardin de Turia, comprenant également des installations sportives ultra fréquentées. « Après la grande inondation du 14 octobre 1957 qui a dévasté la ville, le lit de la rivière Turia a été détourné vers le Sud de Valence, laissant libre une importante bande de terre qui traverse la ville d’Ouest en Est, entourant le centre historique. Le jardin a été inauguré en 1986. Urbanistes et paysagistes ont conçu les différentes sections du lit de la rivière en reproduisant l’ancien paysage fluvial et en créant un parcours unique peuplé de palmiers et d’orangers, de fontaines et de pins, de plantes aromatiques et d’étangs, de terrains de sport et de rosiers.

En suivant le jardin de Turia depuis la gare routière située au Nord, nous traversons la cité des Sciences., Une expression architecturale futuriste et inspirée de l’icône Gaudi, réalisée par le grand architecte suisse et espagnol, Santiago Calatrava, créatif génial, un peu moins bon dans la tenue des délais et le respect des budgets… selon sa biographie et ses nombreux procès. Il en reste une impression de nouveauté, de monumental, une époque généreuse au niveau créatif, un univers fantastique, très éloigné des lignes architecturales épurée à l’ennui des années 2020.

La cité médiévale se présente comme une galerie à ciel ouvert: la peinture et le street-art sont partout. Messages et expressions sont librement peints sur les murs, portes, enseignes, bâtiments historiques. De nombreux artistes de renoms ont démarré leur œuvre ici, tel que l’ESCIF ou MRBT62. Cette liberté de peindre et de communication offre aux passants de multiples fenêtres de rêves et d’imaginaire, une bouffée d’air.

Incontournable pour des herboristes, la visite du jardin botanique (lire notre brève 500 ans de soins). Immense surprise! Ce jardin est digne des plus beaux! très bien structuré et soigné (lire notre brève; « Ombrarium: pas encore nécessaire en Suisse »; et « Mathématiques organiques: Cactus à Valencia ». Le Mercado central au centre de la ville est moins surprenant. Le lieu est magnifique architecturalement, des producteurs de super niveau, mais sans âme ni authenticité, un marché pour bobos et touristes.

Après ces trois jours rassérénants à Valencia, nous reprenons notre route via les chemins de traverse direction Bovera, quelques 350 km plus au Nord en longeant la côte, 50km à l’intérieur des terres pour rester en contact avec notre objectif, celui de comprendre l’agriculture, l’arboriculture, les adaptations climatiques d’une économie dynamique. La sortie des villes est toujours un peu éprouvante, nous obligeant à traverser les zones industrielles. Mais à Valencia, nous quittons la ville par la piste verte des Jardins de Turia, puis au sein du parc fluvial du Turia, réserve protégée au bord de l’eau qui nous emmènera dans les banlieues de la ville, peu accueillantes et subissant là encore une urbanisation chaotique. Nous trouvons par chance une carrière qui nous offre un gite pour la nuit, un sensation d’être en pleine nature, alors qu’une autoroute 6 pistes se trouvent juste derrière un petit mont derrière nous. Nous serons réveillés à 6h10 par des énormes camions de la gravière de Casinos, qui passeront sur une route à quelques mètres de notre bivouac.

Nous reprendrons rapidement notre route, au milieu des milliers d’orangers de Valence (lire notre brève: au cœur des oranges de Valence).

Quittant la région de Valence et passant par les montagnes magnifique de la Sierra de Naquera-Serra , parc Natural de Calderon, le col de  »Port de l’Oronet » 500 m de dénivelé , doublés par plus de 200 cyclistes ultra équipés, pentes jusqu’à 10%, nous découvrons des paysages et villages époustouflants qui font de nos trois jours de vélos un vrai plaisir, nous faisant presque oublier les douleurs aux jambes! Traversée des champs d’amandiers en fleurs et de parking de stockage de pales d’éoliennes (lire notre brève: Envie d’une pale d’éolienne?), des oliveraies millénaires (lire notre brève: Les porcs vivent l’enfer dans une oliveraie millénaire). Cette traversée nous emmène sur des pistes cyclables aménagées sur d’anciennes lignes de chemin de fer nous permettant de découvrir avec un certain enchantement la vallée de l’Ebre (libre notre brève: Via Verde de rêve). Certaines étapes nous font découvrir des merveilles estampillées « Los bonitos pueblos », comme Vilafamès, un village haut-perché, vivant, où nous avons étés reçus comme des rois par les hôteliers d’El Rullo, hôtel ultra soigné avec un restaurant à la hauteur des matières premières les plus dignes de la région.

Ces derniers jours ont été riches, sportifs, intenses en émotions. Une semaine hétéroclite, du bon du beau, du surprenant, un pneu déchiré qui nous fait revenir en arrière, une découverte de forêts d’oliviers millénaires, avec vue sur l’océan, un retour aux plantes, à la verdure, après le désert de la région de Séville et Malaga. Nous arrivons à Bovera, petit village de 300 âmes dont 50 exploitants 48 à temps partiel. Marc Farré, arboriculteur professionnel, certifié Déméter, nous attend. Les prochains jours seront faits de rencontres dédiées à l’agriculture locale.

4 réponses

  1. faites gaffe, en Espagne c'est absolument interdit de camper et faire du bivouac en dehors des espaces camping bon je vois que vous faites-en super voyage
  2. Bonjour Cécile. Toujours émerveillé de te suivre dans cette aventure. Merci de me faire rêver. Bonne continuation
    • Cecile Ehrensperger dit:
      Merci Roland :), on essaye de faire au mieux. Je suis actuellement dans la capitale du Cava, tout un programme!! Chaleureusement

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.